Dysphorie de genre chez l’adolescent.e
- zenitudetrans
- 8 avr. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 avr. 2024

Alors que certaines personnes pendant l'adolescence ne ressentent pas de dysphorie de genre liée à leur identité corporelle, d'autres en souffrent profondément lorsque la puberté et les modifications physiques se produisent. Pendant cette période, le besoin de se démarquer en tant qu'individu unique devient de plus en plus important et peut se manifester de manière soudaine, même si aucune indication préalable de dysphorie de genre n'avait été exprimée pendant l'enfance.
Les signes de dysphorie peuvent différer d'une personne à l'autre et peuvent se manifester par des sentiments de tristesse, d'inquiétude, de malaise et un désir de correspondre physiquement au genre avec lequel elle se sent en adéquation. Les jeunes trans peuvent également éprouver de la confusion, de la peur, de la honte, de la colère et se sentir isolés socialement en raison de leur identité de genre. Il est essentiel d'aborder ces symptômes avec compréhension et respect.
Un.e adolescent.e trans qui ne peut exprimer son identité est confronté à des difficultés et des frustrations émotionnelles. Il se sent souvent coincé dans un corps qui ne lui correspond pas et ressent une profonde incompréhension de sa propre identité. Cette situation peut engendrer des troubles de l'estime de soi, de l'anxiété, développer des problèmes de santé mentale et parfois même des pensées suicidaires.
Il est important pour le jeune de recevoir un soutien et un accompagnement pour explorer et exprimer son identité de genre de manière authentique et sécuriser. Les professionnel.le.s de la santé mentale, les éducateur.trice.s, les parents et les pairs peuvent jouer un rôle crucial dans la validation et le soutien de cette personne en lui permettant de s'accepter et de s'épanouir pleinement.
Il est essentiel d'encourager ce jeune à se sentir à l'aise avec lui-même et à exprimer son identité sans réserve, malgré les possibles difficultés et préjugés auxquels il pourrait être confronté dans une société parfois discriminatoire envers les personnes trans. En lui offrant un soutien solide et en lui permettant d'être authentique, il pourra trouver sa place et son bonheur dans un monde qui, nous l'espérons, deviendra de plus en plus inclusif et respectueux de la diversité des identités de genre.
Il est essentiel de soutenir à la fois le jeune qui se pose des questions et sa famille, qui constitue un soutien crucial. Les membres de la famille doivent être prêts à s'adapter et à approfondir leur compréhension des défis auxquels le jeune est confronté, même si cela risque de perturber leur dynamique familiale actuelle.
Selon Samuel, membre de l'équipe de Trans Mauricie/Centre-du-Québec, l'accompagnement personnalisé par un.e intervenant.e de notre l'organisme, ainsi que la participation à notre groupe de soutien pour les parents et allié.e.s ainsi que pour les jeunes concernés, peuvent jouer un rôle important. Il est essentiel que les parents et les jeunes puissent échanger sur les épreuves auxquelles ils font face.
Selon des recherches récentes, le décrochage scolaire est causé non seulement par des difficultés académiques, mais aussi par des problèmes relationnels comme l'anxiété et la peur. Les adolescent.e.s qui font face à des questions d'identité de genre doivent surmonter des obstacles au quotidien et subir le jugement de leurs pairs. Il est donc essentiel que les écoles prennent des mesures pour prévenir l'intimidation des jeunes trans, car cela peut sérieusement nuire à leur estime de soi déjà fragilisée.
Il est important de consulter un.e professionnel.le de la santé mentale spécialisé.e dans les questions de genre et d'identité pour obtenir un diagnostic précis et un soutien adapté. Il est également crucial de ne pas recourir à des méthodes non reconnues et potentiellement nocives, telles que les thérapies de conversion, qui vont à l'encontre des droits et du bien-être des personnes trans. Le gouvernement du Québec a interdit les thérapies de conversion en 2017, car elles sont considérées comme étant néfastes pour la santé mentale des individus et violant leurs droits fondamentaux. Il est donc important de chercher des alternatives professionnelles et bienveillantes pour aider un jeune en difficulté, en respectant son identité et ses choix personnels.
Un traitement hormonal approprié, tel que des bloqueurs d’hormones permettent aux jeunes de vivre leur puberté en harmonie avec leur identité de genre. Les intervenant.e.s de Trans Mauricie/Centre-du-Québec observe une amélioration du bien-être mental des adolescents qui bénéficient d’un tel traitement pour retarder leur puberté, ce qui leur laisse le temps de se découvrir et de s'affirmer.
Des études montrent que les jeunes trans et non binaires qui ont accès à des traitements adaptés à leurs besoins, bénéficient du soutien de leurs parents et fréquentent des groupes de soutien ont généralement une bonne santé mentale malgré les défis qu'ils doivent relever au quotidien.



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